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Histoire : IDEAL, la marque de moissonneuses oubliée

Conçue en longueur plutôt qu’en largeur pour s’affranchir des problématiques routières, bardée de technologie et arborant une seule et même couleur quel que soit le distributeur, l‘Ideal est une nouvelle approche en matière de récolte et une marque à part entière pour le groupe AGCO. Mais ce que l’on sait moins, Ideal est le nom d’une marque de moissonneuses batteuses disparue, que l’américain avait acquis de fil en aiguille et précieusement gardé dans ses cartons pendant près de 20 ans.

Ideal est une marque de moissonneuses batteuses fabriquées depuis de nombreuses années à Santa Rosa, au Brésil, le troisième pôle métallurgique du Rio Grande do Sul. Fondée en 1953 sous le nom de la société Moinhos Santa Rosa Ltda., elle construisait avant tout des moulins à farine. Avec la croissance de la culture du soja, la société a également commencé à fabriquer des chariots élévateurs à fourche avant de s’orienter dans la construction de batteuses fixes pour la récolte du soja et du blé, commercialisées sous le nom Ideal. Cette orientation donne une nouvelle direction à l’entreprise et devient en 1963 l’Industria de Máquinas Agrícolas Ideal Ltda.

En 1968, la société décide de produire de motoriser ses machines. Les premières machines sont construites à la main et leur conception s’inspire de modèles étrangers. En 1970, les premières machines sont livrées sur le marché régional. Ideal devient alors un concurrent de la SLC (Schneider Logemann & Cia), le premier à avoir conçu une moissonneuse batteuse motorisée dans le pays. (ndlr: Propriété actuelle de John Deere, l’entreprise située à Horizontina est devenue le centre névralgique de la marque au Brésil). En 1973, Ideal déménage dans une nouvelle usine, toujours à Santa Rosa, où elle améliora le processus de production et commença la fabrication en série de certains composants, jusque-là peu standardisés et sans production séquentielle.

L’année suivante, cherchant à faire un saut qualitatif, Ideal signa un contrat de transfert de technologie avec Fahr en Allemagne, acquérant ainsi le savoir-faire industriel nécessaire à la construction d’une nouvelle gamme de machines de récolte. Cet investissement lourd associé aux fluctuations du marché agricole étaient trop lourds à digérer pour la société, qui n’avait pas l’énergie suffisante pour mettre ses nouvelles machines en production. Ideal ne conserve à son catalogue que les modèles jugés dépassés et trop peu mécanisés. Ces difficultés économiques ne l’empêchent pourtant pas d’améliorer le matériel existant, de l’adapter à d’autres cultures comme le riz, le maïs, le sorgho et l’orge et de leur apporter la polyvalence et les performances requises pour l’époque. 

 

Afin de conserver son avance technologique et progresser, Ideal fait entrer à son capital l’américain  International Harvester et le conglomérat financier Iochpe. Grâce à cela, l’entreprise a finalement pu lancer en 1980, le modèle CA-1175, le premier modèle d’origine Fahr, labellisé Ideal International.L’usine de Santa Rosa en 1980

Le constructeur américain ne restera pas longtemps dans la société, cédant en 1984 ses parts sociales au groupe Iochpe, qui prend également en 1986 le contrôle de la production de moteurs de l’usine Massey Perkins S.A, donnant naissance à Maxion.

En 1990, dans le cadre de la réorganisation des activités industrielles du groupe, la production des moissonneuses batteuses Massey Ferguson pour le marché local a été transférée à Santa Rosa, partageant l’usine avec les machines Ideal. Afin d’occuper les chaînes de production pendant les périodes creuses, l’usine commence à produire des composants pour des tracteurs. La même année est lancée la série de moissonneuses de grande capacité et de plus grande puissance (toujours sous la marque Ideal International), initiée par les modèles 9075, 9080 et 9090 (le premier avec une trémie de 4.500 litres, un moteur Perkins de 120 chevaux turbocompressé, une transmission mécanique et une direction hydrostatique.

En 1994, le groupe américain AGCO Corporation acquiert Massey-Ferguson et, deux ans plus tard, le brésilien Maxion, devenant ainsi le titulaire de la marque Ideal. Les modèles International qui étaient encore en production ont été abandonnés et remplacés par d’autres d’origine Massey Ferguson. En 1999, lorsque la marque Ideal fut abandonnée pour de bon, toutes les moissonneuses batteuses qui sortent de l’usine portent le nom de Massey Ferguson. Dans la foulée, l’usine Dronningborg de Randers au Danemark débute un transfert technologique vers le Brésil. Alors que les moissonneuses MF séries 30 et 40 ont fait leur temps en Europe et son peu à peu remplacées par les Cerea, elles poursuivent leur vie au Brésil et sont produites à Santa Rosa. 

Depuis, le best-seller de l’usine de Santa Rosa est un héritage Ideal.  Ces moissonneuses batteuses à l’origine à secoueurs sont dédiées au marché sud-américain et africain, avec des spécificités techniques propres à ces marchés, notamment un poste de conduite déporté par la gauche. La version actuelle (à droite) est hybride.

Progressivement remplacées, les MF 34 et MF 38 à secoueurs se sont vues équipées d’un système de battage hybride à deux rotors avant d’être remplacées par des machines mono-rotor, façon Rotary, bien adaptées au soja et au maïs. Ces mêmes machines sont aussi produites pour le compte de Valtra. Le finlandais, leader du marché du tracteur au Brésil ayant aussi des envies de full-line sur l’Amérique du Sud.

Quelques machines fabriquées à Santa Rosa:

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