Avec son nouveau E4104, Lovol part à la conquête du monde
« A la conquête du monde ». Par ces mots, le nouveau tracteur hybride Lovol de 410 chevaux révélé en grande pompe ambitionne de titiller les cadors du marché.
Présenté en avant‑première au Salon international des machines agricoles du Xinjiang, le Lovol E4104‑8H est un tracteur de 410 chevaux qui afficherait, grâce à l’électrification de sa transmission, une efficacité supérieure de 30 % à celle de tous ses rivaux, tout en apportant « une puissance et une intelligence inédites aux travaux agricoles ».
Par rapport aux architectures conventionnelles, l’efficacité de la transmission promise par Lovol serait améliorée de plus de 10 % et la consommation de carburant réduite d’environ 20 %. Du moins, c’est ce que prétend la marque chinoise, qui, comme d’habitude, est assez avare en détails techniques. On ne sait d’ailleurs pas quel moteur thermique équipe ce E4104, ni même la puissance du moteur électrique ou la capacité des batteries. De belles promesses qu’il faudra naturellement confirmer sur le terrain. Dans le prolongement du récent lancement du modèle hybride Lovol E3404‑8H (340 ch), le E4104‑8H marque l’une des incursions les plus ambitieuses de l’entreprise sur le segment des tracteurs de forte puissance. Car la technologie eCVT de Lovol offrirait une progressivité continue, sans rupture de couple, sur une plage de vitesses allant de 0 à 40 km/h. On pourrait estimer que les meilleures transmissions à variation continue actuellement proposées sur le marché sont déjà suffisamment abouties. C’est vrai, elles le sont. Mais en employant encore des groupes hydrostatiques énergivores en puissance — donc en carburant — leur fonctionnement peut encore s’améliorer et gagner en efficience.
Les constructeurs occidentaux planchent eux aussi sur le sujet. Citons Steyr et son concept Hybrid : le train arrière est entraîné par une combinaison diesel 6 cylindres + CVT classique, tandis que le train avant est alimenté par une génératrice électrique. Seul John Deere, avec sa eAutoPowr proposée commercialement en alternative à sa traditionnelle full‑powershift e23 et la CVT eAutoPowr sur les 8R, fait un premier pas vers l’électrification. Elle se contente de remplacer les groupes hydrostatiques par des convertisseurs électriques pour améliorer le flux énergétique, générer davantage de couple au démarrage, réduire les bruits de fluides par rapport à l’AutoPowr traditionnelle et entraîner électriquement certains outils ou organes d’outils attelés.
Si les constructeurs chinois vont plus vite en besogne, c’est qu’ils peuvent s’approvisionner en composants directement à la source : la Chine est le premier fournisseur mondial de composants et de batteries. Cependant, ces engins, lancés vraisemblablement un peu plus vite que ceux de la concurrence, devront faire leurs preuves et se révéler suffisamment fiables et performants.
L’énergie du bloc thermique (diesel) n’est pas transmise mécaniquement, mais en partie convertie en énergie électrique pour accroître l’efficacité énergétique, réduire la consommation de carburant et améliorer le confort d’utilisation. En bonus, ce système minimise l’usage de fluides (hydraulique) et pourrait aussi générer l’électricité requise par une nouvelle génération d’outils. Une technologie séduisante au regard du prix des énergies fossiles et de l’électrification croissante des outils, au bénéfice de l’efficience énergétique, de la précision et du confort.
Lovol préfère axer sa communication, essentiellement menée sur les réseaux sociaux, sur la technologie Drive‑by‑Wire, qui remplacerait les liaisons mécaniques et hydrauliques traditionnelles par des capteurs et des unités de commande électroniques, pour préparer sa nouvelle génération de tracteurs à l’autonomisation — c’est‑à‑dire à les rendre totalement autonomes.








