CRUSL PTS5004-A : Le Cybertruck de la terre

S’il semble tout droit sorti d’un film de science-fiction post-apocalyptique, le CRUSL PTS5004-A privilégie manifestement la fonction sur la forme.
Vous rêviez d’un tracteur simple, sans fioritures, suffisamment accessible pour être entretenu vous-même ? De ceux que l’on pouvait acquérir avant le passage à l’euro ? Prenez place à bord de la DeLorean. Convecteur temporel réglé sur le 26 octobre 2025, GPS sur Wuhan à l’est de la Chine. Nous y sommes. Les portes du CIAME, le salon local de la machine agricole, viennent de s’ouvrir. On y croise des marques bien connues, des machines d’hier revisitées aux goûts locaux, ainsi que des marques moins renommées qui semblent s’affranchir de toutes les règles industrielles. Plus étonnant encore, des concepts d’engins hybrides articulés de très forte puissance arborant des designs et des couleurs futuristes.
Cependant, nous n’avons pas été assez loin dans le temps, ni dans les allées du salon, pour trouver le graal. S’avance alors une forme cubique noire. En grosses lettres rouges, « CRUSL » apparaît : un nom encore méconnu qui espère cocher toutes vos cases. Une cabine de taille modeste rappelle celles utilisées pendant des décennies par Massey Ferguson. Sur le pupitre publicitaire, entre sinogrammes, on distingue 500 chevaux, une boîte mécanique à 64×32 vitesses automatisées couvrant une plage de 156 m/h à 55 km/h. Bien que l’empattement ne soit pas précisé, il rivalise avec celui d’une locomotive. Prévoyez quelques largeurs de plus pour vos fourrières. On aperçoit un châssis renforcé, des ponts robustes et des réservoirs de fluides dont la conception ne vise aucune recherche esthétique. C’est pratique. Point.

Quant au design général ? Disons que cet engin de 13 tonnes aurait du mal à concourir pour le titre de Tractor of The Year, catégorie Design. Ses lignes cubiques et minimalistes, son capot monobloc interminable, taillé à la serpe et sans aucune ouïe, ne font pas de lui un modèle de beauté. L’engin évoque le très controversé Cybertruck de Tesla, qui n’est pas un véhicule dessiné par un enfant, comme le suggère sa silhouette simpliste, mais par un designer qui avait pour ambition de briser les codes établis dans l’industrie automobile. Ce design, bien calculé dans un univers automobile aseptisé et standardisé, contraste avec celui du CRUSL PTS5004-A, qui ne relève pas d’un choix esthétique audacieux. En s’affranchissant de capots en plastique rotomoulé, coûteux à produire et à remplacer, CRUSL allège la facture et permet à ses clients de remplacer facilement chaque pièce abîmée, si l’idée vous venait de broyer pierres, souches ou de déminer un terrain après une guerre. C’est là l’utilité première du CRUSL PTS5004-A : travailler dur dans des environnements hostiles, sans conducteur. L’objectif de la marque chinoise est clair : proposer des engins robustes, fonctionnels et, à l’avenir, autonomes.
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