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[VIDEO] J’ai essayé le nouveau Case Quadtrac 540 CVX

lls l’ont fait! Pour la première fois, les ingénieurs de Case IH ont greffé une transmission à variation continue sous le capot d’un tracteur articulé de conception traditionnelle.

C’est en Slovaquie près de Bratislava que je me suis rendu cet été pour prendre le volant de deux specimens chenillés de 540 chevaux. “Prendre” est un bien grand mot quand on sait à quel point les satellites positionnés en orbite à plus de 10.000 kilomètres au dessus de nos têtes peuvent s’avérer intrusifs et vouloir conduire à notre place. Ils arrivent même à gérer les demi-tours désormais. Autant dire qu’au volant du Quadtrac, on ne fait qu’acte de présence.

La CVX, pour quels usages?

Pour tenter d’occuper nos montures, Horsch et Amazone ont fourni leurs plus grands déchaumeurs à disques. Pas de quoi faire rougir davantage les deux Quadtrac 540 CVX dépêchés de Fargo dans le Dakota du Nord, où sont construits les Steiger depuis 1969. L’intérêt est ailleurs que dans le déchaumage ou la traction d’outils de travail du sol classiques. Avec la CVXdrive, un Quadtrac ou un Steiger peuvent désormais broyer des pierres, animer une large fraise à pommes de terre, biner vos cultures sarclées ou introduire les nutriments en inter-rangs (version Rowtrac), mais également tracter des scrapers ou transbordeurs avec un peu plus d’agilité et de souplesse à basse vitesse. Cette transmission se destine donc aux activités auquel nous n’avons pas encore l’habitude de voir évoluer ces gros tracteurs en France. Des habitudes qui pourraient cependant évoluer.

Comment ça marche ?

Développée par ZF, la nouvelle transmission type Eccom 6.0 baptisée CVXdrive (et Autocommand sur le New Holland T9) offre quatre rapports mécaniques avant et deux arrière avec la progressivité qui caractérise une CVX, et surtout une gestion de puissance plus économe, permettant d’évoluer de 50 m/h à 40 km/h à 1650 tr/min. Le transfert de puissance mécanique intégral a lieu à moins de 10 km/h. Quatre jeux d’embrayages multi-disques à bain d’huile, montés sur les quatre groupes de pignons planétaires, changent de gamme sans interruption de puissance, à des vitesses égales, ce qui permet de changer de rapport tout en douceur, sans user l’embrayage. La pompe et le moteur hydrostatiques forment un tout, sans conduites haute pression entre la pompe et le moteur. La pompe à cylindrée variable crée des vitesses différentes et permet d’utiliser le moteur hydrostatique fixe dans les deux directions. Exemple : la fonction Stop Actif permet au moteur hydrostatique d’annuler la vitesse d’entrée du moteur. Cela signifie que le tracteur, en cas d’arrêt sur un terrain en pente, peut rester immobile sans que l’opérateur n’ait besoin de garder le pied sur la pédale de frein ni d’enclencher le frein à main. Le frein de stationnement s’applique automatiquement s’il reste plus de 45 secondes dans cet état. Cette CVXdrive est une vraie évolution pour ce tracteur qui, disons-le, n’était à pas à l’aise dans des activités à basse vitesse.

Et la conduite ?

Ne nous attardons pas sur le côté esthétique de ce Quadtrac CVX, en tout point similaire à un Quadtrac Tier IV Final commercialisé depuis bientôt quatre ans. Cette impression de déjà vu se retrouve d’ailleurs en cabine avec un poste de conduite calqué sur la version Powershift. La prise en main est immédiate. À la place d’une pédale de décélération montée sur les tracteurs Quadtrac avec transmission powershift, les modèles CVX sont équipés d’une pédale d’avancement. En mode automatique, cette pédale contrôle la vitesse d’avancement du tracteur. En mode manuel, la pédale joue le rôle d’une pédale d’accélérateur traditionnelle. La double commande d’accélérateur Eco Drive permet de régler le régime moteur minimum et maximum afin d’optimiser le rendement et de limiter la consommation de carburant, sans oublier la fonction de chute du régime moteur qui détermine la valeur à laquelle le régime peut descendre sous charge.

La vitesse maximale peut être réglée à partir de la molette et des boutons de gamme situés sur le Multicontroller de l’accoudoir. Le joystick Multicontroller commun aux Puma, Optum et Magnum qu’ils soient de type powershift ou CVX tombe bien sous la main. S’il peut gérer trois niveaux de réponse de l’accélération, la décélération et l’inversion du sens de marche, il permet également de passer de la marche avant à la marche arrière par un simple contacteur,  sans le lâcher de la main droite. A proximité, deux repères sélectionnent la plage de régime moteur (avec un régime minimum et un maximum)  et comme sur la version Powershift, la gestion de puissance APM se charge d’atteindre la vitesse demandée, mais à un régime encore plus économique.

Le tracteur peut être mis à l’arrêt temporairement – par exemple à une intersection – uniquement à l’aide de la pédale de frein avant de se remettre à sa vitesse précédente dès que la pédale est relâchée. C’est extrêmement simple à conduire et particulièrement intuitif. La direction est moins directe et brutale que sur les premiers Quadtrac et donne la sensation de conduire un tracteur moderne et finalement assez maniable.

Enfin, les Quadtrac et Steiger peuvent gérer également les demi-tours automatiquement grâce au GPS. En bout de rayage, il suffit de lever l’outil, réduire le régime moteur et laisser le tracteur se guider seul dans la direction choisie, à gauche ou à droite via le terminal tactile couleur.

Un choix rationnel ?

En France, l’articulé Case IH, qu’il soit à roues ou à chenilles s’achète autant par passion que par raison mais n’est employé que pour les travaux de déchaumage, d’ameublissement, de semis et plus rarement de nivellement accompagné d’un scraper. L’intérêt de la CVXDrive, facturée près de 40.000 euros de plus que la Powershift est donc discutable chez nous. Mais pour le gain de polyvalence et de confort apporté par CVXDrive, les spécialistes du broyage de pierres, grands producteurs de pommes de terre ou forestiers pourront plus facilement regarder ce type de tracteur, face à des concurrents allemands de conception traditionnelle. C’est d’ailleurs ces derniers que Case IH vise avec la CVXDrive. Récemment débarqués sans invitation sur le sol américain, les Claas Xerion, Fendt et Challenger 1000 Vario ont finalement prouvé que la variation continue pourrait plaire sur un marché particulièrement conservatiste et traditionnel. S’ils adoptent pour certains un petit artifice permettant d’accompagner les passages de rapports de quelques petits accoups, histoire de donner la sensation de conduire une powershift c’est que la transition vers le 100% CVT n’est pas encore prête de se faire et que la powershift a encore toute sa légitimité sur un tracteur initialement prévu pour la traction lourde. C’est pourquoi Case IH propose sa CVXDrive en alternative à la Full-Powershift sur trois modèles chenillés Quadtrac (470, 500 et 540) et quatre Steiger à roues (370, 420, 470, 500 et 540).

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